Numérique / Manipulation

Les réseaux de tous les complots

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Gérald Bronner en 2019

Gérald Bronner en 2019. © Édouard Caupeil pour PM.

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Cet article est issu du numéro 154 de Philosophie magazine « Ma liberté est-elle négociable ? », en kiosque le 28 octobre 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La commission « Les Lumières à l’ère du numérique » veut aider la démocratie à se défendre contre les complotismes à l’ère des réseaux sociaux. Est-ce à une commission, voulue par Emmanuel Macron, d’« éclairer » les foules numériques ? Nous avons posé la question à celui qui la dirige, Gérald Bronner.

 

L’intention affichée par Emmanuel Macron, qui a mis sur pied cette commission à quelques mois de la présidentielle, a éveillé la suspicion : voudrait-il apporter des Lumières à ceux qui, antivax ou conspirationnistes, ne comptent pas voter pour lui ? « La question du timing est politicienne, répond le sociologue Gérald Bronner, auteur d’Apocalypse cognitive (PUF, 2021), et ne me concerne pas vraiment, car je suis chercheur. Cela fait plus de dix ans que j’alerte sur la propagation de théories du complot, et cette commission, pour laquelle je travaille bénévolement, me donne l’occasion de passer à l’action. » Comment réagit-il quand certains y voient un « Ministère de la vérité » ? « Cette expression a été lancée par Florian Philippot, montrant là que certains partis ont plus d’intérêt que d’autres aux rumeurs et aux infox. Sur le principe, en démocratie, il me semble normal que nous cherchions à contrer la désinformation des citoyens. Personne ne reproche au CSA d’instaurer durant la campagne des règles pour les médias télévisés. Avec le Web, les réseaux sociaux, un modèle de régulation se cherche, non pas dans le seul intérêt du président Macron mais pour toutes les élections à venir. »

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