Entretien

Marc-André Selosse : “Dès que le hantavirus a trouvé un hôte où il peut survivre, tout peut changer très vite”

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Marc-André Selosse : “Dès que le hantavirus a trouvé un hôte où il peut survivre, tout peut changer très vite”

Modélisation 3D d’un Hantavirus. © quantic69/iStockphoto

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Pour le biologiste, auteur du livre De la biodiversité comme un humanisme (Seuil, 2026), nous méconnaissons les dynamiques microbiennes et leurs conséquences : la multiplication par 5 des maladies émergentes par décennies depuis la deuxième moitié du XXe siècle. Un éclairage essentiel pour comprendre ce qu’il pourrait advenir du hantavirus.


 

Pourquoi tant d’inquiétude face à cet hantavirus ?

Marc-André Selosse : Quand un virus commence à se propager, c’est là que le danger guette. Nous ne sommes jamais à l’abri que, en changeant d’hôte, il prenne de nouvelles formes et, en mutant, de nouvelles propriétés. Je rappelle que les premières générations de hantavirus – que nous ne venons pas de découvrir – n’étaient guère adaptées à l’homme. Les rares variants qui se seraient adaptés peuvent cependant se propager très rapidement. Pour l’instant, nous savons qu’un contact rapproché est indispensable pour la transmission. Il est donc facile de stopper les chaînes de propagation. Mais pour combien de temps ? Rappelons que les maîtres et possesseurs du monde, depuis le départ, sont les microbes. Sur Terre, nous avons trois millions d’espèces d’animaux pour une dizaine de millions d’espèces de bactéries et peut-être un milliard d’espèces de virus. Microbes et virus ont une grande diversité génétique et présentent donc d’énormes capacités d’adaptation. De plus, ils se reproduisent très rapidement : comme chaque descendant peut être un mutant, les mutations apparaissent plus vite et sont plus nombreuses.

Grande diversité, grande vitesse de variation, donc grande adaptabilité : dès que le virus a trouvé un hôte où il peut survivre, tout peut changer très vite. Il peut devenir plus dangereux ou se transmettre plus facilement. De façon générale, plus le vivant est petit (le virus que les bactéries, les bactéries que les parasites, etc.), plus les populations sont grandes, diversifiées et à évolution rapide, donc plus le risque d’un danger pour nous est grand. En partant du plus petit au plus grand, nous avons donc les virus, les bactéries, puis les champignons, les animaux parasites comme les vers intestinaux… Contrairement à une idée reçue, nous avons beaucoup de prédateurs !

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