Martin Heidegger et le vieux pont de bois
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Cet article est issu du numéro 16 de Philosophie magazine « 16 - février 2008 », en kiosque le 24 janvier 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
En comparant une centrale électrique et un pont de bois, le philosophe allemand s’interroge, dans « La question de la technique », sur l’action de l’homme sur la nature.
Pourquoi, à l’occasion d’une ballade sur les rives d’un fleuve comme le Rhin ou le Rhône, sommes-nous davantage frappés par la présence d’une nouvelle centrale hydraulique que par l’ancien pont de bois emprunté depuis toujours ? Quelle différence y a-t-il entre la technique traditionnelle et la technologie moderne ? Avec le chapitre « La question de la technique » dans Essais et conférences (Gallimard), Martin Heidegger entend montrer que, dans un cas et dans l’autre, ce n’est pas le même rapport de l’homme avec la nature et le monde qui est en jeu.
La technique
Suivant son étymologie grecque, technè, « art manuel », « métier », elle désigne tout travail humain offrant un ajout de propriétés aux qualités naturelles d’un objet. Avec l’évolution des pratiques, elle s’est transformée à l’époque moderne en une utilisation systématique des forces naturelles.