Hors-série "Astérix"

Obélix et la résistance de la bonté

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Obélix et la résistance de la bonté

Page de Philosophie magazine hors-série  N°24: « Asterix chez les philosophes ».

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Cet article est issu du Hors-série n°n° 24 de Philosophie magazine « Astérix chez les philosophes », en kiosque le 01 novembre 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Les personnages d’Astérix se trouvent toujours aux prises avec l’épreuve d’un vice qui menace la communauté, note Frédéric Worms. Il relève que pour en triompher dans La Zizanie, ce n’est pas l’intelligence – personnifiée par Astérix – mais la bonté qui gagne, avec Obélix, incarnation levinassienne de la résistance. Morale et humour : on a percé le secret de Goscinny.


 

Dans tous les albums d’Astérix, il y a un motif héroïque, une aventure au cours de laquelle se révèle un vice qui vient briser des relations entre les hommes, et souvent entre des amis. La mécanique de l’histoire comprend donc non seulement une dimension politique (César, la guerre, la résistance, les héros…) mais une dimension morale et précisément l’épreuve d’un vice « ordinaire », de sorte que la réponse est toujours non seulement militaire (la bagarre) et politique (le village), mais morale (l’amitié et la concorde). Et qui plus est, pas seulement morale en un sens étroit puisqu’elle touche profondément au bonheur humain. Le village ne gagne jamais seulement contre César et « les Romains » mais contre lui-même et ses dissensions possibles : tout y est fragile moralement, y compris entre Astérix et Obélix pourtant liés d’une amitié indéfectible, mais, du coup, tout peut être rétabli à travers les relations morales ; cette dimension relationnelle qui est au cœur des albums fait du « village gaulois » avec ses « caractères », l’œuvre d’un grand moraliste doublé d’un humoriste exceptionnel. C’est la conciliation des deux qui est géniale. Par exemple, au début des Lauriers de César, l’ivresse d’Obélix et d’Abraracourcix est drôle, et même hilarante (autant que délirante), mais elle les embarque dans une aventure (même si on se doute qu’elle va bien se finir) absurde et démesurément risquée.

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