Éducation
Parcoursup : faisons-nous de l’aversion algorithmique ?
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Jeudi 27 mai, les bacheliers de l’année en cours découvraient les premiers résultats de leurs demandes d’inscription dans des établissements d’enseignement supérieur sur la plateforme Parcoursup. La nouveauté de Parcoursup, c’est qu’elle brasse toutes les demandes et les dossiers grâce à un algorithme et répartit automatiquement les candidats.
Mais que se passe-t-il si l’algorithme se trompe ? C’est du moins ce qu’affirme nombre d’élèves et de professeurs sur les réseaux sociaux. Thibaut Poirot, professeur d’histoire, s’alarme ainsi du « chaos » et des « classements incohérents » engendrés par la plateforme. Mauvaise compréhension des résultats ou... aberrations de l’intelligence artificielle (IA) ?
Avant l’introduction des algorithmes, chaque sélection apportait déjà son lot d’injustices et de plaintes. Mais cette fois-ci, l’indignation devant l’erreur commise prend une nouvelle dimension : la cible de la critique n’est plus un humain mais un algorithme. Et ça change tout : dans son livre How Humans Judge Machines (« Comment les humains jugent les machines », MIT Press, 2021 ; non traduit), le chercheur César A. Hidalgo constate une tendance à la sévérité vis-à-vis de l’IA : l’aversion algorithmique, la propension nous avons à perdre plus rapidement confiance en une IA qui se trompe qu’en un humain qui ferait la même erreur.