Science / Éthique

Pas de pitié pour les mini-cerveaux ?

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Cet article est issu du numéro 121 de Philosophie magazine « Pourquoi avons-nous besoin d’être aimés ? », en kiosque le 05 juillet 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Les « organoïdes cérébraux » créés en laboratoire risquent de nous confronter à une question vertigineuse : peut-on débrancher une « machine » biologique douée de conscience ?

Et si la grande révolution technologique à venir ne venait pas des intelligences artificielles (IA), mais bel et bien de cerveaux artificiels ? L’idée évoque un scénario de film de science-fiction, tel celui de La Cité des enfants perdus de Caro & Jeunet (1995), où un encéphale barbotant dans un liquide verdâtre converse avec les humains. Pourtant, la recherche progresse vite dans le champ des « organoïdes », ces tissus humains produits en laboratoire. Et les « organoïdes cérébraux » (des cerveaux miniatures, voir photo ci-dessus) soulèvent des problèmes éthiques inédits. Dix-sept philosophes, juristes et médecins issus des plus grandes universités américaines ont ainsi récemment fait part de leur inquiétude dans la revue scientifique Nature.

À quoi ressemble un cerveau-éprouvette ? Pour l’heure, à une goutte de 4 mm de diamètre dotée de 2 à 3 millions de cellules. Un tel spécimen est créé à partir de « cellules pluripotentes induites » : des cellules prélevées sur un adulte sont génétiquement modifiées après un ajout de molécules chimiques. Elles redeviennent alors des cellules-souches capables de se différencier, par exemple en cellules nerveuses. Ces mini-cerveaux représentent un espoir pour comprendre des phénomènes tels que l’autisme, la schizophrénie, la maladie d’Alzheimer ou certains virus. Ils pourraient aussi accélérer les tests pharmacologiques et, pourquoi pas, rendre obsolètes ceux effectués sur les animaux.

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