Peut-on dire de la foi religieuse qu’elle procède plus d’une volonté que d’un ressenti sincère?

Temps de lecture : 3 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 91 de Philosophie magazine « Comment ne pas passer à côté de sa vie ? », en kiosque le 02 juillet 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Lucien Poitrimol

Pauvre Dieu ! C’est faire bien peu de cas de sa grandeur que de penser entrer en relation avec lui par un simple effort de la volonté… Il y a même quelque chose d’assez grotesque à appliquer à la foi le « quand on veut on peut » dont raffole tant notre Occident. Qu’il suffise de le vouloir pour pouvoir faire dix pompes, soit. Qu’il s’agisse de le vouloir pour pouvoir achever un travail pénible, passe encore. Mais la foi ? Vous ne croyez pas en Dieu créateur du ciel et de la terre ? Vous ne croyez pas en l’existence d’un être omniscient, omnipotent, capable d’un amour infini ? Eh bien, il est peu probable qu’un effort de votre volonté, même très long, suffise à vous en convaincre. Il semblerait même que l’existence de la foi – ce crédit accordé librement à un objet dont la réalité est hautement hypothétique – vienne précisément nous montrer que notre vouloir a des limites. La foi illumine bien souvent ceux qui n’ont rien demandé : elle leur tombe dessus comme une grâce, une grâce qui parfois ne les sauve que lorsqu’ils ont enfin – et complètement – cessé de vouloir. Tant d’autres, à l’inverse, voudraient vraiment y croire mais n’y parviennent pas. C’est plus fort qu’eux : ils n’y croient pas. Dans les deux cas, la sincérité triomphe de la volonté.

Cet article est réservé aux abonnés