Questionnaire de Socrate
Phia Ménard. Les élans du corps
Phia Ménard © Eric Feferberg/AFP
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Cet article est issu du numéro 151 de Philosophie magazine « L’étrange gravité du sexe », en kiosque le 08 juillet 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Sa discipline ? Un « art de la jonglabilité des éléments ».La chorégraphe Phia Ménard a fait de la transformation de la matière, et de sa résistance, un sujet spectaculaire, intime et émouvant. Invitée au Festival d’Avignon, elle y présente du 19 au 25 juillet La Trilogie des Contes Immoraux (pour Europe). Cette commande initiée par le philosophe Paul B. Preciado est l’aboutissement d’une réflexion politique engagée sur les conditions de possibilité d’une vie en commun. Avec sa figure de guerrière aux prises avec le monde, cette allégorie dansée met en scène nos échecs et nos insoumissions, ainsi que notre rapport contrarié à l’altérité.
De quoi doutez-vous ?
Parfois d’être vivante. Ne pas être dépossédée de la sensation de vivre est un défi.
Avez-vous peur de la mort ?
Je suis de cette génération qui a été confrontée au sida, au sein de laquelle aimer pouvait vouloir dire mourir. J’ai trouvé de l’espoir au théâtre, qui m’a littéralement sauvé la vie à 18 ans, dans une société où je ne sentais pas la possibilité de trouver ma place. Il m’a offert d’oublier le réel mais avec d’autres.
Avez-vous déjà menti par amour ?