Portrait
Piotr Pavlenski. Le théorème de l’insoumis
Piotr Pavlenki en décembre 2013 (cc) Wikimedia Commons
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Cet article est issu du numéro 104 de Philosophie magazine « La démocratie. Ça devrait être quoi ? », en kiosque le 27 octobre 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Pour dénoncer la mainmise du nationalisme poutinien sur la société, ce jeune artiste a décidé de choquer. S’exposant dans des mises en scène de mutilation ou d’incendie, il veut mettre à nu la domination politique subie par les Russes.
Dates clés
- 1984 Naissance à Léningrad (future Saint-Pétersbourg)
- 2012 Première action, Suture, en soutien au collectif Pussy Riot
- 2013 Le jour de la « fête de la police », il cloue son scrotum sur la place Rouge à Moscou. Il nomme cette action Fixation
- 2014 En février, alors que la révolution du Maïdan triomphe en Ukraine, Pavlenski et ses amis miment une scène de barricades sur un pont du centre de Saint-Pétersbourg. C’est Liberté
- 2015 En pleine nuit, il enflamme le portail du siège historique du KGB à Moscou : Menace. Il sera condamné à sept mois de détention préventive et à trois semaines d’expertise psychiatrique
- 2016 Le Cas Pavlenski. La politique comme art, paraît en France en octobre (Louison Éditions)
Faire la rencontre de Piotr Pavlenski provoque d’étranges télescopages. Cette maigre silhouette vêtue de noir, est-ce le même corps que celui qui s’est enroulé de fils barbelés pour dénoncer la répression du régime de Poutine en 2013 ? Qui s’est cloué les bourses sur la place Rouge, nu encore, le jour de la fête nationale de la police ? Ce visage, qui vous fixe sérieusement avec d’immenses yeux gris, un visage bosselé comme un tableau de primitif italien, et dont le relief est souligné par des cheveux ras, est-ce le même qui s’est cousu la bouche de fil rouge ou tranché l’oreille sur le mur de l’Institut psychiatrique de Moscou ? Pas de doute : il lui manque le lobe de l’oreille droite.