La petite question

Pourquoi sommes-nous superstitieux ?

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Pourquoi sommes-nous superstitieux ?

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Un Français sur trois se dit superstitieux, selon une récente enquête réalisée par l’Ifop. Lignes de la main, chiffre 13, trèfle à quatre feuilles… La liste des croyances qui bercent la vie quotidienne est longue. Au fond, nous savons bien qu’elles ne sont pas fondées rationnellement, ni validées scientifiquement. Et pourtant, on continue « au cas où » de toucher du bois quand on veut éviter qu’il nous arrive un malheur, ou d’apporter son porte-bonheur fétiche avant de passer un examen (au hasard, le grand oral du bac). D’où vient cette tendance à la superstition ? Les réponses de Spinoza, Schopenhauer, Bergson et Freud.

Spinoza : pour calmer notre angoisse

On passe sous une échelle sans le faire exprès la veille d’un examen. Pour contrer le sort, on touchera du bois… Ouf, nous voilà sauvés. Selon Baruch de Spinoza, les grandes épreuves de la vie nous rendent particulièrement réceptifs à toutes les formes de superstition. Notre « âme » inquiète est alors « encline à la plus extrême crédulité », explique-t-il dans son Traité théologico-politique (1670). Incantations, amulettes, rituels… Tout est bon pour nous rassurer dans ces moments d’incertitude, où nous sommes suspendus « entre la crainte et l’espoir ». De ce fait, « la plus légère impulsion » du sort, aussi triviale soit elle – notre numéro de table d’examen correspond à notre chiffre fétiche – peut nous redonner confiance. Le monde entier se peuple alors de signes. C’est dans les épreuves que les hommes « interprètent la Nature » et « y découvrent partout le miracle comme si elle délirait avec eux », regrette Spinoza. Pour cesser ce délire, le philosophe, très hostile à la superstition, nous enjoint de nous fier uniquement à notre raison. Pour réussir un examen… mieux vaut donc commencer par le préparer.

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