Brésil / Environnement

Qui a le droit de sauver l’Amazonie ?

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Cet article est issu du numéro 133 de Philosophie magazine « 133 - octobre 2019 », en kiosque le 26 septembre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La communauté internationale est tentée de faire pression sur le Brésil, à l’heure où des incendies ravagent la plus grande forêt primaire du monde.

L’Amazonie est en flammes. Première réserve de biodiversité au monde, elle affronte ces derniers mois des vagues d’incendies. Près de 95 000, estimait l’Institut national de recherche spatiale brésilien en septembre. Et ils viennent s’ajouter à une accélération de la déforestation – + 248 % par rapport à l’année dernière – souhaitée par le gouvernement du président brésilien Jair Bolsonaro.

« Notre maison brûle. Littéralement », a tweeté Emmanuel Macron au cœur de la crise. Sa métaphore était conçue pour frapper en un point précis : le possessif. Notre maison. Entendre donc : celle du genre humain et pas seulement de l’État brésilien. Moralement, qui le niera ? L’Amazonie est essentielle à la planète, ses arbres fournissent de l’oxygène et contribuent à la régulation du climat. Juridiquement, en revanche, le message est irrecevable. Le système international est tout entier articulé autour du principe de souveraineté des États. Prétendre « s’occuper » de l’Amazonie à la place du Brésil et contre son gré, c’est violer le droit. L’affaire se situe donc à l’articulation de deux principes irréconciliables. D’un côté, notre vieux système international, qui remonte au traité de Westphalie (1648), composé d’États souverains aux frontières inviolables. De l’autre, une urgence contemporaine et une évidence : les crises environnementales ignorent les frontières tracées par les hommes. Comment sauver la planète selon la logique westphalienne ? Comment dépasser la souveraineté sans tout renverser ?

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