Phrase choc

« Qui se repent de ce qu’il a fait est doublement malheureux » Spinoza Éthique IV, proposition 54

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Cet article est issu du numéro 26 de Philosophie magazine « 26 - février 2009 », en kiosque le 29 janvier 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Selon l’auteur de l’Éthique, le repentir, se développant sur fond de tristesse, ne saurait être considéré comme une vertu. Il est non seulement inutile, mais nuisible.

Faudrait-il se débarrasser du repentir ? Il est pourtant considéré comme une vertu par la morale dominante. Qui, en effet ne préfère voir le meurtrier se repentir plutôt que de le voir affirmer, le front haut, qu’il ne regrette rien ? Ainsi, on considère souvent que les peines infligées par la justice doivent favoriser un tel sentiment, première étape vers la réhabilitation. Dans la religion chrétienne, le repentir est la condition de la rédemption et du salut. Même le Parti communiste en avait fait l’un de ses rites, à travers la pratique des autocritiques.

Mais le repentir ne représente-t-il pas finalement une double peine ? Spinoza, exclu de la synagogue et détesté des chrétiens de son temps, n’hésite pas à poser la question de l’utilité d’un tel « affect », qu’il définit comme « une tristesse qu’accompagne l’idée d’un certain acte que nous nous figurons avoir accompli en vertu d’un libre décret de l’âme ». Selon lui, « le repentir n’est pas une vertu, autrement dit, ne naît pas de la raison ; mais qui se repent de ce qu’il a fait est deux fois malheureux, autrement dit, impuissant ».

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