L’aventure d’un classique

Maxime Rovere et la place de Dieu dans l’“Éthique” de Spinoza

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Maxime Rovere et la place de Dieu dans l’“Éthique” de Spinoza

Spinoza © Fine Art Images/Heritage Images/Collection ChristopheL Illustration ©William L.

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Cet article est issu du numéro 163 de Philosophie magazine « La sobriété. Pourquoi est-il si difficile de se modérer ? », en kiosque le 21 septembre 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Dans la partie finale de l’Éthique, Spinoza (1632-1677) livre ses ultimes enseignements sur la manière de vivre. L’occasion pour Maxime Rovere, spécialiste du philosophe, de faire une mise au point sur la place de la religion et du divin dans cette œuvre majeure.

 

Parce que la cinquième partie de l’Éthique est aussi la dernière, Spinoza y rassemble tout ce qu’il a développé précédemment – ses conceptions métaphysiques sur Dieu ou la nature, sur l’homme, sur les affects – en une conception cohérente de la vie et de la mort. Pour ce faire, dans les vingt premières propositions, il rassemble d’abord ce qu’il appelle des “remèdes aux affects”. Or son texte apporte une nouveauté dans la tradition de l’éthique rationaliste néerlandaise dont les auteurs, comme le célèbre Dirck V. Coornhert [érudit humaniste, 1522-1590], cherchent à définir comment bien vivre dans la vie terrestre sans s’appuyer sur la foi ni citer les textes sacrés. Loin de se passer de la référence à Dieu, Spinoza accomplit un geste très fort en introduisant Dieu – entendu comme un concept philosophique très abstrait, défini comme l’essence de l’existence – au cœur de notre vie terrestre. Selon lui, lorsqu’il est bien compris, ce concept suscite un affect particulier (“l’amour pour Dieu”) doté de propriétés exceptionnelles, qui, littéralement, changent la vie. En effet, Spinoza montre que c’est dans cette vie présente que l’on rencontre Dieu – sous la forme d’enchaînements nécessaires où l’on perçoit une puissance infinie – et que l’on trouve l’éternité, non pour la gagner après la mort, mais parce qu’on en fait l’expérience pendant la vie.

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