L’aventure d’un classique

“Éthique”, de Spinoza : anatomie d’une œuvre

Temps de lecture : 2 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 163 de Philosophie magazine « La sobriété. Pourquoi est-il si difficile de se modérer ? », en kiosque le 21 septembre 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’Éthique doit être lu comme un tout. Les cinq parties s’articulent entre elles comme autant d’étapes très progressives qui permettent au philosophe d’ancrer l’éthique (parties IV-V) solidement dans ce qu’on peut considérer comme une métaphysique (partie I), une physique (partie II) et une psychologie (partie III).

 

Partie I

Elle est essentiellement consacrée à Dieu. Mais de quel Dieu s’agit-il ? D’un Dieu redéfini comme l’unique substance qui est cause de tout et sans qui l’on ne peut rien concevoir : « Tout ce qui est, est en Dieu, et rien, sans Dieu, ne peut ni être ni être conçu. » Chaque chose est un mode, c’est-à-dire une manière, de ce Dieu-substance qui agit selon la nécessité de sa propre nature et ne peut donc pas agir autrement qu’il agit. Spinoza dénonce ainsi l’absurde anthropomorphisme de ceux qui s’imaginent un Dieu qui serait animé par des fins et qui éprouverait des désirs, parce qu’il serait à la poursuite de quelque chose dont il serait en manque.

Cet article est réservé aux abonnés