Rijnsburg, Pays-Bas. Le refuge de Spinoza
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Cet article est issu du numéro 47 de Philosophie magazine « 47 - mars 2011 », en kiosque le 24 février 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Loin des tracas d’Amsterdam, c’est dans cette paisible bourgade que le philosophe-artisan commence à rédiger son Éthique.
« Je vous parle de loin, à vous qui êtes tous loin », écrit Spinoza à ses amis d’Amsterdam en 1663. Voici trois ans qu’il habite Rijnsburg, à une trentaine de kilomètres de sa ville natale. Son départ a été dicté par des circonstances dramatiques : en 1656, ce fils de commerçants juifs portugais a failli être assassiné par un coreligionnaire fanatique, puis a été frappé d’excommunication (herem) par sa communauté pour ses vues jugées hérétiques. Il gardera de l’événement le manteau troué par le poignard de son assaillant, et le refus d’un Dieu révélé, fabriqué par l’homme : le sien se confond avec la nature et n’exige pas que l’on croie en lui, puisqu’il ne peut qu’exister.