À retrouver dans le nouveau numéro de “Philosophie magazine”
Robert Badinter : “La justice ressemble à un théâtre, sauf qu’au tribunal, le dénouement n’est pas écrit à l’avance”
Robert Badinter en 2018. © Joël Saget/AFP
On connaît Robert Badinter avocat et ministre de la Justice, combattant contre la peine de mort et pour les libertés. Mais on connaît moins Robert Badinter le dramaturge, qui a mis en scène l’insurrection du ghetto de Varsovie, les derniers jours de Pierre Laval – maître d’œuvre de la collaboration – ou le procès pour homosexualité d’Oscar Wilde.
À l’occasion de la publication d’un volume Théâtre I, chez Fayard, où sont rassemblés ces pièces, il nous a accordé un long entretien au cours duquel il raconte sa passion pour le théâtre « qui a une affinité profonde avec la justice » mais qu’il ne faut pas confondre – « c’est ce qui a perdu Oscar Wilde qui a cru qu’il pourrait mettre tout le monde dans sa poche ».
Il nous livre aussi une réflexion très profonde sur le mal et sur la manière dont l’homme parvient à préserver sa dignité – ou la perd – dans une situation d’oppression. « C’est marche à marche, affirme-t-il à propos de la situation dans le ghetto de Varsovie, que les nazis faisaient descendre à leurs victimes la pente de l’indignité. Et en bas, c’était l’enfer. Heureusement, il y a aussi ceux qui ont refusé ce marché de dupe. Ce sont les héros de l’insurrection qui se sont battus jusqu’à la mort. »
Un entretien à ne pas manquer.