Sept conceptions de l’estime de soi
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Cet article est issu du numéro 106 de Philosophie magazine « De quoi la gauche est-elle malade ? », en kiosque le 19 janvier 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Amour-propre, orgueil, narcissisme… Les philosophes n'ont pas toujours été tendres avec l'estime de soi… Y aurait-il un “bon” égoïsme ? Réponses d'Aristote à Platon, en passant par Kant et La Rochefoucauld.
Aristote (384-322 av. J.-C.)
Ambition, recherche du plaisir sous toutes ses formes, convoitise et enrichissement personnel : tels sont, pour l’auteur de l’Éthique à Nicomaque, les écueils vers lesquels nous pousse la « partie irrationnelle » de notre âme, soit le mauvais égoïsme. L’autre versant qui nous en fait aimer la partie rationnelle est en revanche digne de louanges. Aristote fait même de ce bon égoïsme un « devoir », puisqu’il nous incite à de « belles actions » désintéressées.
Augustin (354-430)
« Se complaire en soi-même, c’est se détacher du bien supérieur immuable en lequel on devrait se complaire plus qu’en soi-même » : avec le christianisme, l’orgueil devient ce qui nous détourne du bien le plus haut, Dieu. L’amour de soi-même est une tentation permanente, et la cause de notre déchéance. Au lieu de cultiver une « répugnante vanité », mieux vaut se tourner vers un Dieu encore « plus intérieur que [s]a propre intimité ».