Si loin, si proches
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Cet article est issu du numéro 2 de Philosophie magazine « 2 - juin/juil. 2006 », en kiosque le 25 mai 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Que faire d’une si proche parenté ? La similitude entre l’homme et l’animal bouscule les préjugés et les savoirs. S’il y avait une seule caractéristique humaine à conserver, ce serait la responsabilité envers le monde vivant.
L’homme et le chimpanzé ont près de 99 % de gènes communs. Ce chiffre incroyable atteste que la blessure narcissique infligée par Charles Darwin à l’homme ne peut plus désormais être surmontée par de pieuses paroles sur la supériorité anthropologique. La confirmation de la réalité pressentie d’une continuité entre hommes et bêtes force à abandonner des catégories devenues caduques, dont les clivages nous rassuraient, à réévaluer nos pratiques des animaux et à relativiser, comme y invite Philippe Descola, le naturalisme de l’Occident techniciste. Comment ne pas constater d’abord que toute intervention techno-scientifique sur le vivant animal a des répercussions sur le vivant humain. Ce que nous pratiquons ou laissons pratiquer, c’est sur nous autres qu’à terme nous le pratiquerons.