La galaxie d’Épicure

Son bon plaisir

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Cet article est issu du numéro 141 de Philosophie magazine « Le bonheur est dans le près », en kiosque le 17 juillet 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Jouisseur invétéré ou moine au mode de vie frugal à la limite de l’abstinence ? Quand il s’agit d’Épicure, on a tôt fait de tomber dans l’excès. C’est manquer sa philosophie d’un bonheur certes modeste mais accessible.

Les Anciens qui l’ont lu

Lucrèce (v. 98-55 av. J.-C.)

« Toi qui fis le premier de tant d’obscurité / Jaillir tant de clarté sur les bienfaits de la vie, / Gloire du peuple grec désormais je te suis / Et je pose mes pas dans les traces des tiens, / Non pas comme un rival, mais pour l’amour de toi / Désirant t’imiter. » Ainsi le philosophe latin rend-il hommage à son maître dans son poème De la nature. Il y reprend la physique atomiste d’Épicure : « Deux choses, tel qu’il est, composent l’essentiel / De l’univers, ce sont les corps et c’est le vide / Où les corps prennent place et en tout sens se meuvent. » De la collision au hasard des atomes – le clinamen – naissent des corps plus élaborés. De sorte que « rien n’est engendré de rien par un pouvoir divin ». En décrivant de cette façon la nature, Lucrèce poursuit le même objectif qu’Épicure : débarrasser ses lecteurs de la peur.

Marc Aurèle (121-180)

Tout stoïcien qu’il était, cela n’empêchait pas l’empereur philosophe de se reconnaître dans certains principes épicuriens. Dans ses Pensées pour moi-même, Marc Aurèle cite Épicure et admire la façon dont, même malade, il parvient à affirmer que « [s]a vie s’écoulait heureuse et digne ». Il en tire la leçon suivante : « Que ces mêmes pensées soient les tiennes dans la maladie, s’il t’advient d’être malade, et dans toute autre circonstance. Car ne pas se départir de la philosophie, quels que soient les événements qui surviennent, ne pas se mêler, quand on s’occupe d’étudier la nature, aux bavardages des ignorants, est un précepte commun à toutes les écoles. » 

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