Rencontre

Sorj Chalandon : “Tous les enfants battus ont été les héros de ma jeunesse”

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Sorj Chalandon : “Tous les enfants battus ont été les héros de ma jeunesse”

Sorj Chalandon. © JF Paga

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Bonne nouvelle pour ceux qui ont aimé Retour à Killybegs (2011), Le Quatrième Mur (2013) ou Profession du père (2015) : Sorj Chalandon revient en cette rentrée littéraire avec un excellent roman, L’Enragé (Grasset), un titre en forme de clin d’œil à L’Insurgé de Jules Vallès. Le point de départ de cette fiction rigoureusement documentée est un fait divers réel : dans la colonie pénitentiaire pour mineurs de Belle-Île-en-Mer, le soir du 27 août 1934, il y a eu une mutinerie, cinquante-six jeunes se sont évadés. Les gendarmes ont traqué les fugitifs avec l’aide des habitants de l’île, qui se sont adonnés avec d’autant plus de ferveur à cette chasse aux enfants qu’ils étaient payés vingt francs argent par capture. Sur une île, où s’enfuir ? Tous les « colons » ont été rattrapés… sauf un. Sorj Chalandon a imaginé le destin de cet adolescent, qu’il a appelé Jules Bonneau. L’écriture est sobre, et l’intrigue construite comme une succession de situations dramatiques qui sont autant de dilemmes éthiques : si je suis en cavale, dois-je tracer ma route seul, ou m’encombrer d’un enfant plus jeune qui compte sur mon aide ? Vais-je voler de l’argent à quelqu’un qui m’a porté secours quand il aura le dos tourné, si cela peut me permettre de m’en sortir ? La violence motivée par un sentiment d’injustice est-elle plus excusable que la violence de l’oppression – ou bien les coups se valent-ils tous ? Rares sont les fictions contemporaines qui interrogent aussi ouvertement la frontière entre le bien et le mal, non pas dans des conditions de confort, mais de survie.


 

La solitude, vous l’aimez comment ?

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