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Susan Wolf : peut-on donner un sens à sa vie ?
Susan Wolf. © Keiko Ikeuchi
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Comment aimer la vie si nous ne sommes pas capables d’y donner un sens ? Dans un essai d’éthique appliquée, Le Sens dans la vie (Éliott, 2023), la philosophe américaine Susan Wolf propose une réflexion sur cette expression courante, qu’elle distingue de l’égoïsme rationnel et de la moralité.
Les Monty Python nous avaient prévenus en 1983 dans leur film loufoque et lucide : Le Sens de la vie bute sur trop d’obstacles pour que chacun d’entre nous puisse en trouver un. Catégorie axiologique familière, le sens nous échappe toujours un peu. Étrangement, les philosophes eux-mêmes contournent la question du sens de la vie, d’une portée certes philosophique, mais trop directive et pleine de chausse-trapes. Donner un sens à la vie est plus l’apanage des théologiens ou des thérapeutes, confrontés à des personnes insatisfaites de leur existence, incapables souvent de comprendre les causes mêmes de cette insatisfaction.
Mais peut-on aussi facilement faire l’impasse sur cette question lorsqu’on est philosophe ? Pour l’Américaine Susan Wolf, titulaire de la chaire de philosophie à l’université de Caroline du nord (États-Unis) et spécialiste en philosophie morale, le sentiment, souvent partagé, d’une vie vide ou superficielle convoque immanquablement la question du sens. Comment trouver des raisons de vivre si nous ne sommes pas capables de donner un sens à notre vie ?