Le scandale
“Transracialisme” : peut-on changer de couleur de peau comme on change de genre ?
Rachel Dolezal (qui se fait désormais appeler Nkechi Diallo) le 20 juin 2018 au tribunal de Spokane (Washington), lors de son procès pour fraude aux aides sociales. © Tyler Tjomsland/The Spokesman-Review via AP/Sipa
Supercherie. Aux États-Unis, la presse a récemment fait ses choux gras de l’aveu d’une professeur d’université, qui a admis se faire passer depuis des années pour une Afro-Américaine… alors qu’elle a toujours été blanche. Une histoire qui a ravivé le souvenir d’un cas étrangement similaire survenu en 2015 : celui d’une enseignante soi-disant noire qui avait en réalité menti sur ses origines, elles aussi blanches. La question de l’identification à une « ethnie tierce », c’est-à-dire une autre que celle que la biologie nous a assignée à la naissance, a ainsi ressurgi dans le débat public américain. De même que d’aucuns sont transgenres, serait-il donc possible que certaines personnes soient « transraciales » – ou s’agit-il d’une invention ad hoc pour justifier des mystifications que la psychiatrie serait plus à même d’expliquer ?
Ainsi, en vertu de la théorie dite « de l’analogie », devrions-nous accueillir les situations de personnes « transraciales » comme celle des transsexuels, à laquelle nous faisons dorénavant droit ? C’est l’hypothèse intéressante mais problématique que nous avons examinée et déconstruite ici.