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Trump : vers un modernisme réactionnaire ?

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Trump : vers un modernisme réactionnaire ?

Donald Trump. © Pool/Getty Images/AFP

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Comment qualifier le projet politique de Trump, qui, tout en exaltant les traditions dans un conservatisme affiché, s’appuie en même temps sur le soutien de pontes des big tech très imprégnés par le transhumanisme ? L’historien américain Jeffrey Herf, spécialiste de l’Allemagne, fournit une piste avec la notion de « modernisme réactionnaire ».


 

D’un côté, un conservatisme affirmé : la religion, la tradition, l’identité chrétienne blanche, l’appel à la « nature » éternelle (pour disqualifier les revendications des individus transgenres). De l’autre, le modernisme : l’alliance avec des magnats de la Silicon Valley, qui baignent dans le transhumanisme (Elon Musk et les implants cérébraux, Musk encore et la terraformation de Mars, Peter Thiel et la cryogénisation pour atteindre l’immortalité, etc.). Tel est l’étrange mélange qui se joue dans l’esprit de Donald Trump.

Étrange, car ces deux visions semblent s’exclure. Au conservatisme est lié un souci des limites : des limites naturelles, des frontières sociales, des interdits religieux, etc. Au modernisme transhumain, au contraire, est liée l’idée de transgression : il s’agit de repousser toujours plus loin les limites de l’homme. Comment parviennent-ils à s’allier ? Par un détour, lié au du nazisme, que le politologue américain Jeffrey Herf s’est efforcé de pensé à travers la notion de « modernisme réactionnaire », dans le sillage de la Dialectique de la raison (1944) d’Adorno et Horkheimer. Les nazis sont profondément conservateurs : ils honnissent l’héritage des Lumières, son culte de la raison qui, mettant en question l’ordre établi, a détruit les traditions organiques des peuples et les a remplacées par des normes abstraites, artificielles, d’une modernité déracinée.

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