Environnement

Tuvalu-Australie : un accord pour échapper à la submersion

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Tuvalu-Australie : un accord pour échapper à la submersion

Funafuti, l'île principale de l'État des Tuvalu, un groupe d'atolls situé au nord de l'océan Pacifique. © Alastair Grant/AP/SIPA

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L’Australie et les Tuvalu ont ratifié un traité prévoyant l’accueil potentiel des 11 000 habitants de ce petit État du Pacifique menacé de submersion chez son grand voisin. Une première qui interroge sur la manière de prendre en charge les « réfugiés climatiques » de plus en plus nombreux. 


Les effets de la crise environnementale menacent très inégalement les populations de la planète. Pour les 11 000 Tuvaluans, habitants d’un petit archipel de l’océan Pacifique, le réchauffement climatique pose d’ores et déjà, à très court terme, un enjeu de survie : d’ici quatre-vingts ans, le pays qui culmine à moins de 5 mètres au-dessus du niveau de la mer pourrait être submergé par la montée des eaux. Sur place, le pouvoir s’active pour endiguer ou du moins retarder le problème. Avec le soutien du Programme des Nations unies pour le développement et de certains partenaires comme l’Australie, un projet de surélévation d’une partie de la capitale, afin d’y relocaliser populations et infrastructures, prend forme. De nombreux Tuvaluans, cependant, envisagent l’exil. Mais où aller ? 

 

Une première dans l’asile climatique

Il y a un an, l’Australie voisine avait fait à l’État insulaire une généreuse proposition : accueillir progressivement (280 personnes par an, dans un premier temps) sur son territoire l’ensemble des citoyens tuvaluans au titre de l’asile climatique. Les Tuvaluans réfugiés auraient accès aux systèmes éducatif et de santé australiens, ainsi qu’à des aides financières. Une manière de permettre à ce peuple menacé de disparition de continuer d’exister comme entité politique, quoique dépourvue de territoire. Un pis-aller, sans doute, dans l’attente d’une meilleure solution de « reterritorialisation » du pays. Il n’en demeure pas moins que le traité alors ébauché a été considéré comme un projet fondateur, sans précédent dans l’histoire de la justice environnementale.

Un point, cependant, a compliqué la ratification de ce pacte entre les deux pays, qui ne portait pas uniquement sur la question de l’accueil des réfugiés climatiques. Le traité prévoyait en effet un « volet défense » contesté permettant à l’Australie de consolider son influence dans le Pacifique contre notamment l’avancée de la Chine. Ce volet militaire engageait l’Australie à intervenir en cas d’agression, mais aussi de catastrophe ou de pandémie. Il prévoyait aussi que l’Australie ait son mot à dire sur « tout partenariat, accord ou engagement » signé par les Tuvalu. Nombreux sont les Tuvaluans qui considéraient cette clause comme une menace à la souveraineté d’un pays déjà en passe de perdre son intégrité territoriale. Après de longues discussions, cette clause a été largement amendée. L’article polémique ne s’appliquera que dans un « nombre restreint de circonstances », et les Tuvalu conservent la possibilité de « résilier le traité » à tout moment. Avec ces concessions, le texte devrait entrer en vigueur d’ici à la fin de l’année.

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