Société / Transport
Vers une ville sans voitures ?
CC0 Nick Jeffrey via Unspash
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Cet article est issu du numéro 103 de Philosophie magazine « Comment surmonter ses échecs ? », en kiosque le 22 septembre 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
De Paris à Lisbonne, un centre urbain sans automobile, ce n’est plus seulement une utopie, mais des projets bien concrets qui heurtent le mythe de la liberté au volant.
La grande ville, entendue comme surface de mobilisation des personnes, des flux et des marchandises, peut-elle se dissocier de l’outil qui aura le plus contribué à lui donner forme : la voiture ? Avec la multiplication d’alternatives de plus en plus crédibles au trafic automobile dans les grandes villes, la question se pose sérieusement. Jusqu’ici, seule une poignée de militants écologistes soutenait le projet utopique d’une ville sans voiture. Et des objections sérieuses, telles l’égalité d’accès des banlieusards ou la démultiplication des services de livraison à domicile à l’heure d’Internet, rendaient caducs ces doux espoirs. Les choses sont peut-être en passe de changer. Les résistances sociales, techniques et politiques, tombent les unes après les autres. Et il ne subsiste que la résistance culturelle, liée au mythe de l’individu qui se transporte lui-même. Tentons de mesurer l’état des forces en présence, ici et là.
En France, une polémique fait rage depuis l’été, après que la maire de Paris, Anne Hidalgo a réaffirmé son ambition de transformer les quais de la rive droite, après ceux de la rive gauche, en zone verte et piétonne. Si toute la voie Georges-Pompidou était piétonnisée, ce n’est guère moins de 4,5 hectares qui seraient libérés, au risque de reporter la circulation et la pollution sur d’autres arrondissements, comme le soutient la commission d’enquête publique sur la piétonisation. Un bras de fer politique se noue ici entre ceux qui raisonnent sur la base d’un nombre de véhicules constants et ceux qui, comme Hidalgo, parient sur l’abandon progressif de leur voiture par les conducteurs excédés.