Rencontre
Violences conjugales : comment soigner les auteurs ?
Rassemblement devant le palais de justice de Marseille contre les violences faites aux femmes, le 2 septembre 2019.
© Frédéric Speich/La Provence/Maxppp
Il y a un an, le Grenelle des violences conjugales se tenait en France. Parmi les mesures annoncées se trouvent le déploiement du bracelet anti-rapprochement pour les conjoints ou ex-conjoints violents, l’introduction d’une exception au secret médical en cas de « danger immédiat » ou encore la possibilité pour le juge pénal de suspendre ou d’aménager l’autorité parentale en cas de meurtre dès la phase d’enquête ou d’instruction. Au-delà des mesures et des pistes pour mieux protéger et accompagner les femmes victimes, pour la première fois, la question du suivi social et psychologique des auteurs a été soulevée. Le 27 octobre dernier, Élisabeth Moreno, la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, confirmait l’ouverture de seize centres d’ici la fin de l’année. À Grenoble, une association pionnière agit depuis plus de dix ans, dans l’ombre. La structure a été fondée par un psychologue clinicien, Jean-Marc Jouffe. Son ambition : accueillir les auteurs de ces violences, ne pas se contenter de condamner et de moraliser leurs actes, les rendre capable d’en parler, c’est-à-dire d’en répondre. « Je fais en sorte que les personnes sortent du cycle de la violence, définitivement. » Le jeu en vaut la chandelle : le psychothérapeute se félicite de n’avoir « pratiquement pas de récidive ». Nous l’avons rencontré.
Un entretien mené par Margot Hemmerich et Charles Perragin.