Camus, des pays de liberté

Une recension de Victorine de Oliveira, publié le

Une présence : ainsi qualifie-t-on ce que l’on sent tout proche mais impalpable. Les disparus ont ce caractère-là. Celui auquel l’historien Vincent Duclert tient à rendre hommage est mort dans un accident de voiture sur une route de l’Yonne le 4 janvier 1960. Il était l’auteur d’essais philosophiques, de romans, de pièces de théâtre et d’articles journalistiques. On lui avait même attribué le prix Nobel de littérature en 1957. Récemment in­stallé à Lourmarin, il entamait un nouveau cycle d’écriture : après l’absurde et la révolte venait le temps de l’amour, incarné dans les pages du Premier Homme. De cette renaissance littéraire et philosophique, un pneu éclaté de la Facel-Vega de Michel Gallimard nous a privés. Reste à témoigner de la « présence d’Albert Camus dans l’histoire et la géographie du monde », de « la trace en nous d’un homme disparu voilà des décennies, alors que nous nous apprêtions seulement à naître ». Après une première partie biographique, Duclert explore cette trace dans les écrits que Camus a suscités après sa mort (chapitre un brin trop catalogue) et les lieux qu’il a habités, ses « pays de liberté ». Malgré une plume lyrique et enlevée qui dit l’attachement que l’on porte à l’œuvre et à l’homme, Duclert peine à saisir cette « présence » de façon personnelle. Même inaboutie, reste la belle idée de suivre la trace, dans les lieux et les esprits, de celui qui affirmait à Djémila : « Oui, je suis présent. »

Sur le même sujet



Le fil
3 min
Octave Larmagnac-Matheron

Un tiers, 62 sur 196 : c’est le nombre de pays dans lequel la « liberté religieuse » est « menacée », selon un rapport de l’ONG Aide à…

La liberté religieuse en péril dans 1 pays sur 3



Article
2 min
Cédric Enjalbert

Il tient le haut de l’affiche du Théâtre de la Porte-Saint-Martin (à Paris) dans “La Carpe et le Lapin”, aux côtés de Catherine Frot. Avec elle, Vincent Dedienne interprète un mille-feuille cocasse de textes, de danses et de chants,…