Rien n'est fini, tout commence

Une recension de Cédric Enjalbert, publié le

« Travailler à foutre en l’air ce monde de merde. » L’idée traînait en chacun des situationnistes, confie Raoul Vaneigem. Dans sa conversation avec Gérard Berréby, il retrace son parcours de fils de cheminot belge devenu auteur culte du Traité de savoir vivre à l’usage des jeunes générations, bible des soixante-huitards au même titre que La Société du spectacle de Guy Debord. Or que reste-t-il désormais du situationnisme ? Des archives d’abord – photos, tracts et souvenirs, que l’ouvrage exhume généreusement ; des témoins, que Berréby interroge ; des anecdotes savoureuses, que Vaneigem distille. Moins prolixe sur le monde contemporain, il a conservé une révolte contre le progrès « opéré aux dépens du progrès humain » et une foi dans la radicalité de l’action. Des expériences tâtonnantes « d’autogestion de la vie quotidienne » tentées ci et là aujourd’hui lui laissent ainsi des raisons d’espérer. Le livre ne s’intitule-t-il pas Rien n’est fini, tout commence ?

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