Le chiffre
“420”
Cet article est issu du numéro 155 de Philosophie magazine « À quoi voit-on qu’on a vieilli ? », en kiosque le 02 décembre 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
C’est le nombre de prisonniers politiques qui croupiraient dans les geôles russes, selon le dernier rapport du Memorial Human Rights Centre – contre 362 l’an dernier. Vladimir Poutine accentue la répression au point d’atteindre des chiffres comparables à l’époque soviétique. Dérive totalitaire ? Pas exactement. Journalistes, militants… Les prisonniers d’aujourd’hui sont bien des opposants politiques victimes d’une dictature de plus en plus brutale. Cependant, comme le note le philosophe suisse Jan Marejko dans Chroniques d’un révolutionnaire conservateur (1985), « dans un système totalitaire, il n’y a justement plus de prisonnier politique. […] La justice fauche au hasard » vrais et faux adversaires pour créer un climat de terreur. Le but est moins de mâter les oppositions que de supprimer la possibilité même qu’une opposition surgisse.