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A69, l’autoroute sans but ni fin : la chronique d’Anne-Sophie Moreau

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A69, l’autoroute sans but ni fin : la chronique d’Anne-Sophie Moreau

Les travaux de construction de l’autoroute A69 Castres-Toulouse, en septembre 2023. © Christian Bellavia/Sipa

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Cet article est issu du numéro 175 de Philosophie magazine « Y a-t-il des bons et des méchants ? », en kiosque le 30 novembre 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Les militants écologistes ont mis provisoirement ce chantier à l’arrêt. Pourquoi de tels projets, jadis incontestables, nous font aujourd’hui l’effet d’être des serpents de mer… se mordant la queue ?

 

Je l’avoue : j’ai un faible pour les autoroutes. Enfant, j’éprouvais un frisson de plaisir lorsque la R5 de mes parents se lançait sur leurs tronçons. Ce n’était pas le but du voyage qui m’enthousiasmait, ni même le fait de rouler – j’étais malade en voiture. Non : ce qui me plaisait, c’était l’autoroute elle-même. Ces lignes infinies, l’horizon qui défile… Et les aires de repos ! Aujourd’hui encore, la simple vue d’une station-service me met en joie.

A priori, je devrais être des partisans de l’autoroute A69. Pour ceux qui n’ont pas suivi, ce projet d’infrastructure censée relier Castres à Toulouse suscite l’ire de nombreux militants. Ce qu’on reproche à l’A69 ? L’artificialisation des sols – 100 hectares selon l’entreprise chargée de sa construction, 360 selon ses opposants –, l’abattage d’arbres, une destruction de la biodiversité qu’aucune plantation en zone humide ne parviendra à compenser et une augmentation du trafic qui entraînera un bilan carbone désastreux. Bref, c’est une autoroute, et une autoroute, ça pollue. Reste à savoir si elle est indispensable. 75% des Sud-Tarnais sont favorables à son ouverture, censée désenclaver la région. Le trajet ne serait écourté que de douze minutes, s’étranglent les écolos – de vingt-cinq minutes, selon la préfecture.

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