Animal

Adam Smith chez les macaques

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En pleine nature, dans la réserve de Tangkoko Batuangus (Célèbes, Indonésie), un groupe de macaques nègres s’enhardit spontanément à poser pour l’objectif

En pleine nature, dans la réserve de Tangkoko Batuangus (Célèbes, Indonésie), un groupe de macaques nègres s’enhardit spontanément à poser pour l’objectif. © Anup Shah/Solent News/Sipa

Un article scientifique paru dans The Economist le 16 janvier dernier s’appuie sur les travaux du primatologue canadien Jean-Baptiste Leca et de son équipe pour soutenir que les macaques de Bali, habitués à détrousser les touristes et à les rançonner contre de la nourriture, sont capables de transmettre leur savoir-faire aux plus jeunes d’entre eux. Mieux : parce que chaparder des lunettes de soleil ou un iPhone plutôt qu’une canette de soda est plus « rentable » à l’échange, les singes adultes apprennent aux plus novices à évaluer le prix des choses et à intégrer les lois du marché dans leurs pratiques rusées. Ce qu’Adam Smith appelait la « main invisible », qui équilibre l’offre et la demande, aurait-elle déjà été assimilée par les quadrumanes de la jungle indonésienne au point d’en faire un marqueur de leur évolution et d’éclairer de manière nouvelle les fondements naturels de la morale ? L’analyse (loin d’être simiesque) de Nicolas Tenaillon.

Le macaque est-il un suppôt de l’économie libérale ?