Fait divers/France
Affaire du bijoutier de Nice: un braquage du contrat social?
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 74 de Philosophie magazine « 74 - novembre 2013 », en kiosque le 24 octobre 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Rappel des faits : le 11 septembre dernier au matin, Stephan Turk, bijoutier à Nice, est agressé, alors qu’il ouvre son magasin, par deux jeunes gens encagoulés. Il est menacé avec un fusil à pompe, frappé et dévalisé. Alors que ses agresseurs prennent la fuite sur un scooter, Stephan Turk, déjà victime d’un braquage à la disqueuse l’année précédente, sort de sa boutique armé d’un pistolet pour lequel il n’a pas de permis de port d’armes et tire à trois reprises en direction des voleurs, tuant Anthony Asli, délinquant de 18 ans multirécidiviste, déjà impliqué dans quatorze affaires. Stephan Turk a d’abord déclaré aux journalistes avoir craint pour sa vie et avoir agi en situation de légitime défense, mais cette circonstance atténuante n’a pas été retenue par le procureur de la République de Nice, Éric Bedos, qui a ouvert une information pour homicide volontaire. En effet, la loi prévoit que la légitime défense ne peut être invoquée qu’à la stricte condition que la victime tue son agresseur au moment même où elle est physiquement menacée, mais non après.