Anaïs Boubenider et Jérôme Martin : “Donner des outils pour affronter ces croyances”
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Cet article est issu du numéro 96 de Philosophie magazine « Le bien et le mal, ça s’apprend ? », en kiosque le 21 janvier 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les jeunes sont censés être les plus sensibles aux thèses conspirationnsites. C’est pourquoi Anaïs Boubenider et Jérôme Martin, professeurs au lycée Jean-Renoir, à Bondy, en Seine-Saint-Denis, ont mis en place dans leurs classes des ateliers pour mettre en lumière les ressorts des théories du complot. Alors, pas si dupes les ados ?
Après les attentats de janvier 2015, vous avez organisé des ateliers pour vos élèves de terminale. Comment vous y êtes-vous pris ?
Anaïs Boubenider et Jérôme Martin : Il s’agissait de confronter les élèves à divers formats d’information (quotidiens gratuits, articles documentés du Monde, etc.), de les familiariser avec la notion de sources et de robustesse d’une information et de susciter en eux une distance critique vis-à-vis de l’information reçue.
Quel type de documents leur avez-vous présentés ?
Des vidéos conspirationnistes et un documentaire sur les conspirationnistes ont nourri les séances afin d’apprendre aux élèves à reconnaître les grandes ficelles de toutes les théories du complot, à commencer par celles suscitées par les attentats de janvier 2015. Pour déconstruire celles-ci, l’un des objectifs consistait à leur faire inventer eux-mêmes, selon ces procédés, une théorie du complot au sujet de leur environnement usuel, d’en faire une vidéo, puis de comparer leur travail avec une authentique vidéo conspirationniste.