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“Au cœur de l’hiver” : récit d’une vie coupée du monde, par Jean-Marc Rochette

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“Au cœur de l’hiver” : récit d’une vie coupée du monde, par Jean-Marc Rochette

© Les Étages éditions - Jean-Marc Rochette au coin du feu. © Jean-Marc Rochette

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Se retirer à deux en haute montagne, coupés du reste du monde, c’est l’expérience que mènent depuis quatre ans Christine et Jean-Marc Rochette, et que le peintre et illustrateur relate dans son nouveau livre, Au cœur de l’hiver (Les Étages Éditions). Alexandre Lacroix l’a lu et décrypte les dimensions philosophiques de cette aventure. 


Conquérir sa liberté est possible, à condition de commencer par planter des pommes de terre. C’est la leçon que l’on pouvait déjà tirer de la lecture de Walden, ou la vie dans les bois (1854) du penseur romantique américain Henry David Thoreau : « Avant de finir ma maison, […] j’ensemençai près d’elle deux acres et demi environ de terre légère et sablonneuse, principalement de haricots, mais aussi une petite partie de pommes de terre, maïs, pois et navets. » Mais c’est aussi le premier geste qu’accomplissent l’auteur de bande dessinée et peintre Jean-Marc Rochette et sa compagne Christine, en pleine pandémie de Covid, avant que n’arrivent les grands froids de l’hiver 2020 : « On a récolté soixante kilos de pommes de terre, des choux, des poireaux, des carottes, des betteraves. […] Par chance, nous n’avons subi aucune gelée de tout l’été. Nous allions pouvoir charger les cales avec notre production. »

C’est qu’ils viennent d’emménager dans le parc national des Écrins, au hameau des Étages, inhabité depuis 1962. L’hiver, la route qui relie ce hameau à la civilisation n’est pas déneigée. Si bien que trois mois durant, la petite maison qu’ils s’y sont procurée, un ancien hôtel, est coupée du reste du monde et qu’on y est contraint à l’autarcie. 

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