Au milieu d’une forêt
© Oriane Safré-Proust / Valerie Oualid
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Cet article est issu du numéro 135 de Philosophie magazine « Peut-on se mettre à la place des autres ? », en kiosque le 28 novembre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Promenons-nous dans les bois… tant qu’il y en a encore. Victimes des incendies ou des coupes industrielles, les forêts nous donnaient l’occasion de nous perdre pour mieux nous trouver. Serons-nous bientôt condamnés à tourner en rond ?
Nous ne mesurons notre besoin des autres que lorsque nous les perdons. Cela ne concerne pas seulement les « autres » de notre espèce, ni même les animaux, mais aussi les arbres. Les premiers mois de l’exposition Nous les arbres, présentée à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris, ont curieusement coïncidé avec les énormes incendies qui ravageaient la forêt amazonienne. Au moment où les scientifiques, avec une passion digne de poètes animistes, nous parlent des arbres comme des êtres intelligents, sensibles et capables de communiquer, au moment où nous les regardons d’un autre œil, les arbres disparaissent. Pas seulement ceux de la mythique forêt amazonienne. En Europe aussi, près de la moitié des espèces d’arbres sont menacées d’extinction, selon un rapport récent de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La forêt s’amenuise, la forêt se désépaissit. Bientôt, nous ne pourrons plus nous y perdre.