L'oeil et l'esprit

Baudelaire/Manet /Guys. La vie moderne

Temps de lecture : 4 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 4 de Philosophie magazine « 4 - oct./nov. 2006 », en kiosque le 28 septembre 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Charles Baudelaire écrit en 1859 un texte majeur sur la modernité qui renouvelle la définition du beau. Cette œuvre, qui concerne un dessinateur français aujourd’hui méconnu, Constantin Guys, semble faite sur mesure pour l’esthétique d’Édouard Manet.

Baudelaire philosophe ? Il ne l’a pas été au sens professionnel. Mais pourquoi ne pas appeler ainsi celui qui forge un nouveau concept et s’en sert pour saper les fondements d’une tradition philosophique bien établie ? Chez Baudelaire, ce concept a un nom : la modernité, et l’arsenal théorique auquel il s’en prend est la tradition platonicienne, qui fait de la beauté une idée éternelle, absolue, existant en soi, indépendamment des choses sensibles.

Le « culte des images » fut toujours « la grande, l’unique, la primitive passion » de Baudelaire. Il s’intéresse aux rapports entre l’art et la vie moderne dès les Salons de 1845 et 1846. Mais c’est la décou­verte d’un dessinateur peu connu, Constantin Guys, qui l’amène à donner à sa pensée une formulation philosophique. Comme si le visible – les nombreux dessins qu’il a pu admirer chez Guys, à qui il en a acheté une centaine – avait réveillé chez lui le démon de la théorie. Il en résultera un essai, Le Peintre de la vie moderne, dédié pour l’essentiel à l’œuvre de « M. G. » (lisez « monsieur Guys »).

Cet article est réservé aux abonnés
Les concepts liés à cet article

Art Beau Finalité IllusionNature PlaisirSublime