Intraduisible

Buddha

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Cet article est issu du numéro 116 de Philosophie magazine « Peut-on désirer sans dominer ? », en kiosque le 11 janvier 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Langue d’origine : sanskrit

Si « Buddha » est un moine indien du VIe-Ve siècle av. J.-C., fondateur de ce qu’il convient d’appeler le bouddhisme, il ne s’agit pas pour autant d’un nom propre, ni d’ailleurs d’un titre, mais d’un qualificatif. C’est un adjectif formé sur la racine verbale budh- qui signifie le fait de se réveiller, d’être réveillé ou encore de réveiller. De là découlent d’autres sens, comme l’intelligence (buddhi) ou l’éveil (bodhi). Buddha est ainsi budh- + -ta, c’est-à-dire celui que l’on qualifie d’« éveillé ». Or on pourrait croire que, sous cette qualification d’« Éveillé », est signifié d’une personne qu’elle possède l’attribut d’être « éveillé ». Seulement, dans la grammaire sanskrite, l’ajout du suffixe -ta à une racine verbale lui donne un sens fort, quasi absolu, au point d’en faire l’unique détermination. Ainsi, dire d’un être qu’il est buddha revient à dire de lui qu’il n’est que cette qualité. En d’autres termes, le buddha n’est donc pas tant l’Éveillé que « celui qui n’est qu’Éveil ». C’est comme s’il disparaissait en tant que sujet particulier, dont on peut dire ceci ou cela, pour n’être plus qu’une présence radicale, alerte et ouverte. Il n’est même pas l’incarnation de cette « présence », ce qui relève davantage d’une façon chrétienne de penser. Il n’est que présence.