Biologie
Cancer et vieillissement : les paradoxes de la vie
Cellule cancéreuse épithéliale pulmonaire parmi des cellules épithéliales saines. Micrographie électronique à balayage (MEB) colorée. © Dennis Kunkel Microscopy/Science Photo Library
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Une étude parue début octobre dans la revue spécialisée en biologie moléculaire The EMBO Journal souligne le rôle paradoxal du gène RAD5 : il ralentit le vieillissement mais accroît le risque de cancer. Retour sur les rapports étroits mais ambivalents de ces deux processus.
Le vieillissement, un processus irréversible ?
« Un gène qui protège contre le vieillissement mais favorise le cancer » : c’est en ces termes qu’une note du CNRS résumait les conclusions d’une étude récente sur le rôle de la protéine RAD5 chez les souris. La mise en perspective de la question du vieillissement d’un organisme et des cellules cancéreuses, en général qualifiées un peu rapidement de « cellules immortelles », ne peut manquer d’interroger.
L’essentiel des organismes vieillissent. Les cellules différenciées qui composent leurs organes portent en elles une mort programmée. Elles ont la capacité de se diviser, mais cette capacité est limitée (c’est la limite de Hayflick, autour d’une cinquantaine de divisions pour une cellule humaine ordinaire). Au gré des divisions, les télomères à l’extrémité des chromosomes, qui garantissent la stabilité du génome, s’altèrent. Quand le télomère est trop court, la cellule entre en sénescence et cesse de se diviser. Les organismes possèdent, il est vrai, des réserves de cellules souches progénitrices capables de se différencier quand certains types de cellules viennent à manquer. Mais ce réservoir est limité. Inexorablement, la population de cellules saines diminue, et l’organisme vieillit.