Colombie et Venezuela. Alapühaa
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Cet article est issu du numéro 106 de Philosophie magazine « De quoi la gauche est-elle malade ? », en kiosque le 19 janvier 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
J’ai encore rêvé d’elle… Certes, mais chez les Indiens guajiros, ce n’est pas forcément agréable… Il s’agit plutôt d’une injonction à agir sur ce qui est à venir.
En langue guajiro, « rêver » se dit alapühaa, (de lapü, « rêve ») mais on peut aussi utiliser le mot ei’pahaa, qui désigne « l’autre moitié », « le complément », car le « rêve » nous emporte vers le monde des « doubles », des esprits et des dieux, qui est aussi le monde des anticipations, préformes des événements à venir. L’anthropologue Michel Perrin (1941-2015), qui passa trois années chez les Guajiros du Venezuela, en a rapporté des dizaines de récits comme celui qui va suivre.