Analyse

“Cour suprême de Facebook” : quand une entreprise se prend pour un État

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“Cour suprême de Facebook” : quand une entreprise se prend pour un État

© Morning Brew/Unsplash

Mis en place l’an dernier par Facebook, le « Conseil de surveillance » est chargé de traiter les plaintes concernant la suppression de contenus sur Facebook et Instagram. Il devra, par exemple, se prononcer sur la suspension définitive du compte de Donald Trump, (pour l’instant temporairement) banni de la plateforme après les émeutes de janvier dernier. Cette nouvelle instance réunit de saillantes personnalités : des juges, des spécialistes du droit, l’ancienne Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt, mais aussi des journalistes et grands patrons de presse, ainsi que la prix Nobel de la paix yéménite Tawakkol Karman… Et elle comporte nombreux points communs avec la Cour suprême des États-Unis, sommet du pouvoir judiciaire outre-Atlantique. Si bien qu’une enquête parue dans le New Yorker (en anglais) révèle que ses membres ont tendance à confondre les termes d’« utilisateurs » et de « citoyens », de « charte » et de « Constitution ». Ceux-ci se perçoivent même comme des « défenseurs de la démocratie ». Que se passe-t-il quand un géant du numérique imite les institutions d’un État ? Il se hausse à leur niveau. À moins qu’il ne veuille prendre leur place…

Quand Facebook se prend pour un État