Le diable dans les détails
À court d’Histoire
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Cet article est issu du numéro 61 de Philosophie magazine « 61 - été 2012 », en kiosque le 03 juillet 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Entre la version « correcte » imposée par les lois mémorielles et les visions fantastiques et séduisantes des fictions qui font évoluer Louis XIV ou Jules César dans des univers à la Disney, il devient difficile de transmettre un grand récit de notre passé.
Il règne une quasi-omerta sur la situation de l’enseignement de l’Histoire. Pour le dire brutalement, l’Histoire est devenue inenseignable. Pour plusieurs raisons. La plus évidente est qu’elle est devenue un sujet politiquement délicat. Les lois mémorielles votées depuis 1990 y sont pour quelque chose – mais, en même temps, elles sont elles-mêmes le symptôme de la crise de la croyance historique.
La loi Gayssot de 1990 interdit le négationnisme et donc tout récit mettant en question la réalité du génocide nazi. La loi de janvier 2001 impose la reconnaissance du génocide des Arméniens. La loi Taubira de mai 2001 reconnaît la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité et prescrit leur traitement détaillé dans l’enseignement de l’Histoire. La loi de février 2005 recommande, à l’inverse, le traitement de la présence française outre-mer dans ses aspects positifs. Une dernière loi de janvier 2012 impose les mêmes sanctions que la loi Gayssot pour la négation de tous les génocides… reconnus par la loi en visant, pour des raisons électorales évidentes, la négation du génocide anti-arménien.