Daniel A. Bell. Le chantre canadien du “modèle” chinois

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Cet article est issu du numéro 117 de Philosophie magazine « 117 - mars 2018 », en kiosque le 15 février 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Lorsqu’il reçoit à Pékin, fin janvier 2018, le prix Huilin « pour la promotion de la culture chinoise », Daniel A. Bell a beau arborer un costume à col Mao, il garde un air timide et un peu perdu. Ce Canadien s’est pourtant passionné pour la Chine dès les années 1990. Et après des études au Québec et au Royaume-Uni, il vit là-bas depuis quatorze ans. Spécialiste de philosophie politique comparée, doyen de la faculté de sciences politiques de Shandong – la région de Confucius – et professeur à la prestigieuse université pékinoise de Tsinghua, cet intellectuel influent occupe une place très particulière dans le monde des idées. Il est un Occidental qui défend la voie chinoise. Il participe à la réhabilitation de Confucius (551-479 av. J.-C.), ce philosophe haï sous l’ère Mao mais revenu sur le devant de la scène depuis les années 1990. Pour Confucius, les personnes les plus expérimentées doivent diriger, choisir les meilleurs disciples, tout en montrant l’exemple. Du pain bénit pour les leaders postmaoïstes ! Les néoconfucianistes tel Daniel A. Bell considèrent ainsi que le système consistant à former des élites et à désigner les meilleurs éléments pour diriger l’État – au lieu de proposer au peuple de les élire librement – est le mieux adapté à la réalité chinoise. C’est la « méritocratie verticale démocratique ».

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Confucianisme