Dossier spécial “déconstruction” (3/4)
“Déconstruire”, disent-ils
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« Je combats tous les mouvements qui veulent nous déconstruire », lâchait Valérie Pécresse lors de son premier meeting de campagne, en conclusion d’un discours aux tonalités anti-« woke ». Elle n’est pas la seule, dans l’arène publique, à s’en prendre aux « déconstructeurs ». Il y a peu, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer ouvrait le fameux colloque de la Sorbonne, appelant à « déconstruire la déconstruction ». Quant à Éric Zemmour, il interprète l’histoire récente de la France comme une décadence fondée sur le triptyque « dérision, déconstruction, destruction ».
Les déconstructeurs – dont, sur la scène politique nationale, l’« écoféministe » Sandrine Rousseau est devenue le symbole – sont sous le feu des critiques. Le rapport avec la déconstruction initiée par Jacques Derrida (1930-2004) est pourtant loin d’être évident. Qu’est-ce que la « déconstruction », philosophiquement ? Généalogie du concept.