Hors-série "Stoïcisme"
Descartes : faire de nécessité vertu
Cet article est issu du Hors-série n°n° 49 de Philosophie magazine « Stoïcisme - Construire sa citadelle intérieure », en kiosque le 06 mai 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Extrait. Descartes appelle à se réformer plutôt qu’à tenter de réformer l’ordre du monde : c’est la condition du bonheur.
« La troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l’ordre du monde, et généralement de m’accoutumer à croire qu’il n’y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir que nos pensées, en sorte qu’après que nous avons fait notre mieux touchant les choses qui nous sont extérieures, tout ce qui manque de nous réussir est au regard de nous absolument impossible. Et ceci seul me semblait être suffisant pour m’empêcher de rien désirer à l’avenir que je n’acquisse, et ainsi pour me rendre content car notre volonté ne se portant naturellement à désirer que les choses que notre entendement lui représente en quelque façon comme possibles, il est certain que si nous considérons tous les biens qui sont hors de nous comme également éloignés de notre pouvoir, nous n’aurons pas plus de regret de manquer de ceux qui semblent être dus à notre naissance, lorsque nous en serons privés sans notre faute, que nous avons de ne posséder pas les royaumes de la Chine ou de Mexique et que faisant, comme on dit, de nécessité vertu, nous ne désirerons pas davantage d’être sains étant malades, ou d’être libres étant en prison, que nous faisons maintenant d’avoir des corps d’une matière aussi peu corruptible que les diamants, ou des ailes pour voler comme les oiseaux. »
René Descartes (1596-1650)
Mathématicien, physicien, l’auteur du Discours de la méthode et des Méditations métaphysiques apparaît d’abord comme le « véritable initiateur de la philosophie moderne » selon Hegel, en ce qu’il a fondé la connaissance vraie sur le sujet pensant, l’ego cogito.