Politique / France
Emmanuel Macron : ministre hégélien malgré lui
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Cet article est issu du numéro 83 de Philosophie magazine « 83 - octobre 2014 », en kiosque le 25 septembre 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Il a étudié la philosophie. Mais qu’en a retenu le nouveau locataire de Bercy, déjà accusé de sacrifier l’“intérêt général” sur l’autel du libéralisme ? Nous avons épluché ses écrits de jeunesse.
Sa nomination a surpris. Pour prendre la relève d’Arnaud Montebourg, débarqué après ses critiques contre la politique de rigueur du gouvernement, François Hollande et Manuel Valls ont confié les clés de l’économie française au jeune Emmanuel Macron, 36 ans et ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée, passé, après un début de carrière dans la fonction publique, par la banque d’affaires Rothschild.
Ultime désaveu du candidat Hollande (« mon ennemi, c’est la finance ») pour les uns, réalisme retrouvé pour les autres : pour tous, cette promotion a eu valeur de symbole. C’est oublier que le principal intéressé s’était montré, lors de ses études, bien plus attaché à la philosophie qu’à la finance et manifestait une certaine attirance pour des penseurs critiques du libéralisme plutôt que pour ses thuriféraires. N’a-t-il pas eu pour guides le socialiste Paul Ricœur – dont il fut l’assistant pour la rédaction de La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli (Seuil, 2000) – et le postmarxiste Étienne Balibar, qui dirigea son mémoire de DEA consacré à L’Intérêt général. Lecture et principes de la philosophie du droit de Hegel ? Que pensait « Macron philosophe » qui peut nous renseigner sur la manière dont « Macron ministre » compte gouverner ? Des choses assez différentes de cet esprit « libéral » ou « social-libéral » qu’on l’accuse de vouloir insuffler à l’État.