Vie démocratique / Partis politiques

Éric Thiers : “L’egodémocrate est un Narcisse qui se prend pour Antigone”

Temps de lecture : 3 min

Jean-Luc Mélenchon et Valérie Pécresse pendant l’émission politique “Élysée 2022” sur France 2, le 24 mars 2022

“Aujourd’hui, tout est fondé sur le témoignage” (Éric Thiers). Photo : Jean-Luc Mélenchon et Valérie Pécresse pendant l’émission politique “Élysée 2022” sur France 2, le 24 mars 2022. © Quentin Veuillet/ABC/Andia.fr

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Cet article est issu du numéro 159 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qui nous rend courageux ? », en kiosque le 05 mai 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La quasi-disparition des partis traditionnels témoigne d’un éclatement de l’espace politique. Le chercheur Éric Thiers propose un concept, la « pulvérisation démocratique », qui met selon lui en lumière l’émergence d’un nouveau citoyen, l’« égodémocrate ».

 

Que désigne la « pulvérisation démocratique » ?

Éric Thiers : Elle se caractérise par deux traits : d’abord, une atomisation, une réduction en poudre des acteurs ; ensuite, une projection en fines particules des idées qui rend de plus en plus difficile l’organisation d’un débat où s’opposent doctrine contre doctrine. C’est l’heure des clashs, des punchlines, des Tweet, des espèces de microparticules politiques dont on peut d’ailleurs se demander si elles sont véritablement politiques. Cette pulvérisation de l’espace politique et idéologique explique la violence, à la fois verbale et parfois même physique, qui marque la politique aujourd’hui. Le résultat est une lente mais très profonde destruction des conditions du débat et des organisations qui sont censées l’animer.

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