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Espoir

Temps de lecture : 2 min

Cet article est issu du numéro 146 de Philosophie magazine « 2021, on improvise ! Comment agir dans l’incertitude », en kiosque le 14 janvier 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Votre souhait le plus cher est de comprendre cette notion ? Ces classiques vous exaucent.

 

Sénèque (v. 4 av. J.-C.-65 apr. J.-C.)

Il faut cesser d’espérer (et de désespérer) pour atteindre la tranquillité de l’âme ! Telle est la recommandation de Sénèque, pour qui l’espérance et la crainte sont « toutes deux […] filles de l’incertitude, toutes deux en attente, en souci de ce qui adviendra ». Ainsi l’espoir n’est que « la prévoyance […] tournée en mal ». 

René Descartes (1596-1650)

Pour Descartes, « l’espérance est une disposition de l’âme à se persuader que ce qu’elle désire adviendra ». Il est donc possible d’espérer, en veillant à ce que cette « passion » porte sur ce qui dépend de nous et en distinguant « la fatalité de la fortune » pour être satisfaits. Changer nos désirs… plutôt que « l’ordre du monde » !

Emmanuel Kant (1724-1804)

Que m’est-il permis d’espérer ? » demande Kant. Partisan d’une théologie rationnelle, il tente de concilier déterminisme et liberté, existence du mal radical et libre arbitre. Puisque « tout espoir tend au bonheur », sa question théorique et pratique vaut comme un fil directeur pour agir conformément à la loi morale.

Friedrich Nietzsche (1844-1900)

Deux conceptions de l’espoir s’opposent. On peut espérer un au-delà, un arrière-monde, et se détourner de la vie terrestre. Nietzsche, lui, porte son espoir sur l’homme, à « l’égard des temps futurs de l’existence terrestre », que le christianisme, par son dégoût de la vie ici-bas, rend précisément impossible.

Ernst Bloch (1885-1977)

Ce marxiste dissident réhabilite « l’utopie concrète ». Selon lui, l’espoir vaut comme « conscience anticipante » des transformations du monde tel qu’il est, et non comme une projection irréaliste de ce qu’il devrait être : rêver le possible plutôt que le parfait. Car « l’existence meilleure, c’est d’abord en pensée qu’on la mène ».