50 ans de la mort de Heidegger

“Être et Temps”… pour les nuls ! Le chef-d’œuvre de Martin Heidegger expliqué

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“Être et Temps”… pour les nuls ! Le chef-d’œuvre de Martin Heidegger expliqué

Martin Heidegger en 1959. © akg-images

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Martin Heidegger est mort le 26 mai 1976, il y a cinquante ans jour pour jour. Souvent considéré comme le plus grand philosophe du XXe siècle, il est aussi l’un des plus sulfureux, du fait de sa compromission avec le régime nazi… et sûrement l’un des plus difficiles d’accès. En témoigne son chef-d’œuvre, Être et Temps (1927), avec ses néologismes et ses mots allemands. Impossible à vulgariser ? Nicolas Tenaillon a relevé le défi.


 

« La question de l’être est aujourd’hui tombée dans l’oubli. » Cette première phrase d’Être et Temps, le grand livre de Martin Heidegger, dit beaucoup. Elle oriente toute la réflexion vers un réexamen de cette question et très vite vers celui qui peut la poser : l’homme ou ce que Heidegger appelle « l’être-là » (Dasein) pour dire que l’homme est d’abord là, jeté dans le monde, mais que, à la différence de tout autre « étant » (Seiendes) – comme, par exemple, la pierre ou l’animal –, il peut s’interroger sur ce qui l’entoure. 

Ce pouvoir de se questionner fait que le Dasein n’est pas refermé sur lui-même mais ouvert vers des possibles en attente de réalisation. Ce qui lui est propre est donc de déployer son existence dans la mesure de ses possibilités. Et c’est pourquoi Heidegger s’attache à décliner la question de l’être à partir des manières d’exister de l’homme.

L’être dans tous ses “étants”

Jeté dans le monde sans qu’il ne l’ait décidé (on ne choisit pas de naître), l’homme peut se définir d’abord comme « être-au-monde » (In-der-Welt-sein). Quand il s’interroge sur son « monde ambiant » (Umwelt), il prend conscience que son premier rapport à celui-ci n’est pas de le contempler mais de s’y affairer : l’espace dans sa proximité est initialement appréhendé selon son utilité. S’y détachent des outils, définis comme « être à portée de la main » (Zuhandenheit), avec lesquels l’homme organise son monde pour que la vie y soit possible.

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