Liberté d’expression
Faut-il interdire de brûler des livres ?
Photo d’illustration. © Jonny Caspari/Unsplash
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L’attentat islamiste à Bruxelles du 16 octobre, qui a coûté la vie à deux Suédois, a été commis, en partie, en représailles à des autodafés du Coran en Suède. Le Danemark s’apprête à faire voter une loi qui les interdirait. Au risque de céder à la terreur et d’entraver la liberté d’expression ?
Est-ce le retour du délit de blasphème au Danemark ? Un projet de loi actuellement à l’étude propose d’interdire la destruction publique d’objets ayant une signification religieuse. Avec cet hypothétique et étrange délit de « blasphème matériel », ce sont les autodafés de Coran qui sont visés. Ils se sont en effet multipliés dans le royaume protestant, comme chez son voisin suédois, suscitant troubles publics, manifestations et dégradation de son image dans certains pays à dominante religieuse musulmane.
Ne seraient donc pas incriminés les écrits, paroles ou dessins, au pays du Jyllands-Posten, le journal qui avait publié les caricatures de Mahomet ayant fait couler tant d’encre – et de sang. Il n’empêche, la démarche pose question : pourquoi l’action de brûler un livre, qu’il soit religieux ou non d’ailleurs, suscite-t-elle tant de passions, jusqu’à vouloir l’interdir ?
Le livre, objet tout sauf neutre
Des tristement célèbres autodafés nazis de 1933 à la destruction rituelle par le feu au Canada d’une trentaine d’ouvrages jugés néfastes aux populations autochtones en 2019, le fait de brûler un livre laisse rarement indifférent. Et si se débarrasser soi-même d’ouvrages devenus encombrants est souvent un crève-cœur, c’est que les livres charrient toute une symbolique de la mémoire humaine très puissante.