François Berléand. Le gai menteur

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Cet article est issu du numéro 60 de Philosophie magazine « 60 - juin 2012 », en kiosque le 28 juin 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Il prévient : « Tout ce que j’ai dit est peut-être faux. » Acteur pince-sans-rire aux yeux perçants, François Berléand est de la trempe des cyniques riant de tout. Issu du théâtre subventionné, à l’aise dans les vaudevilles, de Feydeau à Guitry, il interprète actuellement un cocu risible et pathétique dans Qua-drille, au Théâtre Édouard-VII. Cocu, il l’est aussi dans Un bonheur n’arrive jamais seul, le 27 juin au cinéma. Menteur au goût certain pour les textes railleurs, il s’est associé à Manault Deva, chroniqueuse à France Inter et auteur des Bons Baisers de Manault. Ces derniers sont mis en espace au Théâtre La Bruyère ce mois-ci, avec François Berléand dans le rôle du lecteur, persifleur bien entendu.

Quel est votre démon ?

Le mensonge. J’aime profondément mentir, gratuitement.

Quel penseur vous accompagne ?

Zweig. Épictète également.

Le sophiste qui vous exaspère le plus ?

Michel Onfray. Il est brillant et met la philosophie au service de tous. Mais qu’il ne soit pas toujours de bonne foi m’agace.

La question qui vous tourmente ?

La mort, car je suis athée. La grâce première, disent les Anciens, est de n’être pas né.

Quel lieu se rapproche, pour vous, de la cité idéale ?

Paris. Je suis amoureux de ses quartiers minéraux, comme le IXe arrondissement.

La chose la plus grotesque que vous ayez faite par amour ?

Battre un record de vitesse pour rejoindre, après avoir joué un soir de 31 décembre, l’île de Ré et repartir le lendemain à midi.

Le banquet de votre vie ?

Celui organisé pour mes 60 ans.

La maxime du bien que vous aimeriez transmettre à vos enfants ?

Vivez bien.

L’animal que vous préférez à l’homme ?

Aucun. Les chiens et les chats empestent, j’ai la phobie des oiseaux, sans parler des souris qui grouillent dans les théâtres.

De quoi n’avez-vous pas encore accouché ?

De moi-même. Je serai toujours en retard sur tous ces films que je n’ai pas vus, tous ces livres que je n’ai pas lus…

Votre truc pour corrompre la jeunesse ?

La maturité.

La belle mort selon vous ?

En scène, tel Paul Meurisse. Saluer et tomber.